LE MOUVEMENT POUR L’ACCOMPAGNEMENT ET L’INSERTION SOCIALE

Les JNF – Journées nationales de formation


Organisées chaque année par une région différente, les Journées Nationales de Formation sont un lieu de formation privilégié pour les travailleurs sociaux, depuis 1987. Elles regroupent les partenaires de l’accompagnement social et sont proposées sur un thème d’actualité des problématiques sociales.



3, 4 et 5 juin 2014
Cité des congrès - NANTES (44)
(P)OSONS UNE CLINIQUE DE L'ACCOMPAGNEMENT ! SENS ET EVOLUTION DE NOS PRINCIPES D'INTERVENTION

"Se joindre à l’autre pour aller où il va en même temps que lui".

L’accompagnement nous parle d’un parcours, d’une présence, d’une rencontre.

P
arcours d’une personne ou d’un sujet dont on ne sait a priori où il doit le conduire.

Présence de l’accompagnant à son écoute, attentif à ce qu’il manifeste de son rapport au monde et à ce qu’il laisse entendre de son désir.

Rencontre singulière, engagée et agissante.

Cette posture caractérise une clinique.

Tout praticien de l’accompagnement social peut s’approprier cette démarche. 
Elle ne se rattache pas à un champ théorique unique mais elle les transcende tous. Fondée sur l’observation de la personne dans sa subjectivité, ses relations et un environnement où le professionnel peut prendre place, elle favorise l’émergence des hypothèses et des stratégies d’action. Elle peut permettre au sujet d’advenir.

Dans le même temps, le cadre d’intervention dans nos établissements et services 
s’articule à un contexte légal et socio-économique qui évolue constamment (tarification, évaluation, recommandations de bonnes pratiques, formation des travailleurs sociaux...). 

En quoi la manière dont se mettent en place les réformes actuelles 
pourraient-elles faire craindre l’uniformisation de nos pratiques au point d’en perdre la singularité ?

La clinique pourrait-elle s’y perdre ?


Quelles marges de 
manœuvre les institutions sociales et médico-sociales ont-elles dans le choix des principes qui guident leurs interventions et leur position éthique?

Lors des Journées Nationales de Formation 2014, il nous faudra réfléchir ensemble 
au sens profond de la démarche d’accompagnement pour en poser, s’il le fallait 
les conditions de sa clinique.



11, 12 et 13 juin 2013
Palais des congrès - LA GRANDE MOTTE (34)
INNOVATIONS ET PERSPECTIVES D'UN ACCOMPAGNEMENT ENGAGE: 25 ANS D'EVOLUTION SOCIETALE

Il y a 25 ans, Montpellier accueillait les 1ère Journées Nationales du «tout jeune» M.A.I.S. sur le thème de la philosophie des services d’accompagnement. Depuis, ces dispositifs innovants portés par un contexte favorable se sont imposés tant dans les pratiques d’accompagnement qu’en terme éthique. 

L’innovation, les débats, les réflexions régulières ont permis d’adapter les propositions de services aux 
évolutions socio-économiques, aux changements des profils des personnes accompagnées. En effet durant ces 25 années d’actions militantes, chaque organisme gestionnaire et équipe éducative a su sur son territoire innover, créer, développer des actions nouvelles, des formes d’accompagnement novatrices dans l’objectif de répondre aux besoins, demandes et attentes des personnes suivies.

Néanmoins, les récents 
changements profonds de l’environnement législatif, social et économique risquent d’impacter gravement l’éthique, le fonctionnement et la finalité de nos services.

Face à ces nouveaux enjeux, il 
semble primordial de penser la place et l’avenir de nos structures, afin de préserver tant nos spécificités et notre positionnement dans le secteur, que la qualité de nos accompagnements personnalisés et individualisés.

Pour ces nouvelles Journées Nationales de Formation, la région Languedoc-Roussillon vous propose 
de réfléchir, débattre et imaginer l’avenir de l’accompagnement social. 

Qu’en est-il aujourd’hui ? 
Quel rôle et quelle place pouvons-nous prendre dans le respect de nos valeurs ? 
Comment continuer à innover, à s’adapter en gardant une place prioritaire aux personnes que nous accompagnons ?



12, 13 et 14 juin 2012
Centre de conférences - ORLEANS (45)
L'ACCOMPAGNEMENT SOCIAL: POUR QUELLES SOLIDARITES ?

Au moment où notre société subit les répercussions 
d’une crise financière et économique d’une ampleur 
exceptionnelle, la réflexion sur les solidarités est plus 
que jamais d’actualité.


Le système de protection sociale s’est construit selon le programme 
du Conseil national de la résistance sur une idée simple : la mutualisation 
des risques.


Pendant les trente glorieuses, se sont déployées des systèmes organisant une 
sécurité sociale et économique sans précédant.

La légitimité du travail social s’inscrit dans l’amélioration du vivre ensemble grâce 
à la relation et à la pluralité des liens sociaux. C’est la défense d’une société du respect, 
de la bienveillance, de l’accès aux droits, contre une société du profit et de 
l’individualisme.


Dans ce champ, nos réponses se sont élaborées en veillant aux situations de vulnérabilité 
liées au travail, à la précarité sociale, à l’exclusion, aux handicaps. Face 
à l’explosion des inégalités et aux excès de l’égoïsme contemporain, les travailleurs 
sociaux et les acteurs du M.A.I.S. ont participé à l’innovation sociale et à 
l’engagement citoyen.


Cet édifice humaniste s’est progressivement démantelé au profit de la suprématie gestionnaire néolibérale. 
Quand les politiques publiques rendent responsable 
le citoyen de ses vulnérabilités, nous devons nous interroger sur le phénomène de 
déconstruction sociale qui nous menace.


Quelles solidarités pour demain ?



9, 10  et 11 mai 2011
Palais de la musique et des congrès - STRASBOURG (67)
ACCOMPAGNER LE RISQUE... RISQUER L'ACCOMPAGNEMENT ?

Le risque est inhérent au fait de vivre : il serait vain de vouloir s’y soustraire ! 

En France, l’Etat Providence est longtemps apparu comme la figure centrale de 
la solidarité nationale : il est – encore - assuré à chaque citoyen une couverture générale des risques sociaux (maladie, vieillesse, handicap, chômage…). La politique actuelle qui relève plutôt d’un « état libéral autoritaire » appelle l’idée d’un individu devant conduire sa vie et en assumer seul les avatars.

De cette « modernité » résulte une accélération du processus d’individualisation : « Vous êtes responsable… y compris de votre malheur ! » ; elle incite au recours à l’assurance personnelle, à la frilosité de l’action, voire à la peur de la sanction. La précaution érigée en principe soutient la trame de notre société. Paradoxalement, les libertés se trouvent rognées au prétexte de les défendre.

En Europe, un ensemble de normes, de nouvelles règles de concurrence et beaucoup d’incertitudes, viennent interroger notre futur.

Pourtant, une responsabilité assumée suppose une possible prise de risques quelles qu’en soient les conséquences, c’est un impératif éthique : sujets responsables, notre vie est notre cause …

Dans le cadre spécifique du champ de l’accompagnement social :

- Pour la personne accompagnée, engagée à développer ses capacités d’autonomie, le risque, c’est accepter de perdre une part de sécurité pour un dépassement de soi, c’est oser l’aventure du lendemain…c’est risquer l’insertion !

- Pour les professionnels de l’accompagnement social, un positionnement éthique les confronte aux paradoxes de deux exigences : la responsabilité prise dans un engagement personnel à l’égard des usagers et l’obligation exigeante du service à rendre…finalement comment accompagner le risque ? 

Ces journées seront l’occasion d’échanger et de construire sur ces questions avec nos collègues européens, l’occasion de donner, dans son incertitude, la mesure de l’accompagnement personnalisé.

L’enjeu est de taille, mais le risque est à prendre : c’est un choix éthique !

Sans se soumettre au diktat de l’obligation de résultat, affirmons nos convictions du principe de solidarité, inscrivons nos réponses professionnelles dans le respect de l’obligation de moyens, apportons à la personne accompagnée la possibilité de prendre le risque … « de vivre sa vie ».
 
 

15, 16 et 17 juin 2010
Palais des congrès - BEAUNE (21)
ACCOMPAGNEMENT SOCIAL  ET LOGIQUE MARCHANDE : LE SUJET N’EST PAS À VENDRE


« L’idéologie de « l’Homme  Economique » avec les objectifs mercantiles qu’elle promeut,  branle les fondements du Travail Social et singulièrement la finalité de l’Accompagnement Social. La marchandisation, l’expertise, la survalorisation de l’obligation de résultat à court terme, la pression économique affectent tous les domaines de l’action sociale et éducative.

Certes, notre secteur reconnaît la légitimité  de l’exigence gestionnaire nécessitant un cadre financier rigoureux, comme une des conditions majeures de l’efficacité institutionnelle. Mais les valeurs de Solidarité et de Lien Social sont mises à mal par un modèle libéral destructeur pour les plus faibles et les plus démunis, modèle qui concilie trop rarement exigence économique et impératif éthique.

Jusqu’où pouvons-nous aller ? Comment  les travailleurs sociaux peuvent-ils se subordonner à ces orientations à dominante comptable sans risquer de renoncer aux valeurs qui fondent leur identité ?

Accompagner nécessite un échange singulier et global à la fois, un et multiple,  où la part de l’histoire de chacun ouvre sur l’aventure incertaine et difficile de nos libertés.

Compagnons de ces voyages souvent chaotiques et fragiles, nous devons à nouveau questionner nos représentations des personnes accompagnées : la mise en danger du sujet en tant qu’être de désir et de changement implique la responsabilité de tous .Sans reconnaître que la liberté de l’autre commence en même temps que la mienne,  dans un mouvement de nécessaire réciprocité,  nous ne résisterons pas longtemps à ces logiques de guichet, réduisant un individu à sa seule capacité consommatrice.  Il y va de la survie du Travail Social et de l’Accompagnement tels que le M.A.I.S. les définit et les soutient.

Ces journées 2010, à Beaune, marqueront notre refus de l’écrasement du sujet au profit de la seule valeur marchande qui le conduit et le cantonne  à une dimension résiduelle.

Nos travaux questionneront les lignes de force constitutives de l’Accompagnement au regard de la logique marchande qui menace les valeurs du Travail Social ; ils élucideront les composantes qui traversent aujourd’hui les dispositifs juridiques, législatifs et réglementaires pour en exhumer les données positives et les dérives à combattre ; ils engageront réflexions et débats pour traduire ces prises de conscience dans les pratiques institutionnelles et individuelles qui aspirent  à être revitalisées ».

 

15, 16 et 17 Juin 2009
A.S.I.E.M. - PARIS (75)
ISOLEMENT… ENFERMEMENT… QUESTIONS D’ACCOMPAGNEMENT


Isolement… mise à l’écart, rupture de liens sociaux…

Isolement... solitude voulue, solitude nécessaire et salvatrice dans un monde de bouleversements et de confusions…

Enfermement institutionnel, carcéral, pathologique… assurance de protection et de sécurité ou... Enfermement par des dispositifs multiples et aliénants, voire par une prise en charge cherchant à combler tous les besoins exprimés…

Comment comprendre, appréhender, soutenir et accompagner de tels paradoxes ?
Y aurait-il ainsi de l’isolement “positif ” pour certains et “négatif ” pour d’autres ?
Y aurait-il des bénéfices à tirer de l’isolement ? Pour l’individu ? Pour la société ?

Lors de ces journées, nous tenterons d’inventorier et d’analyser les mécanismes qui peuvent générer de l’isolement, de la désaffiliation sociale, de la solitude, de l’enfermement…

Plusieurs axes (politique, économique, sociologique, psychologique…) seront approfondis et donneront lieu à débat au travers de séances plénières, de tables rondes et d’ateliers d’échanges de pratiques d’accompagnement.

Toutes ces questions seront envisagées tant du côté des personnes accompagnées que de celui des accompagnants.

En quoi les actes posés dans l’accompagnement peuvent-ils faire émerger le sujet ou au contraire l’aliéner ?

Comment faire naître, renaître ou exister un sujet, dans et par l’acte d’accompagnement ?



17, 18 et 19 Juin 2008
Faculté de médecine - Lille (59)
L’ACCOMPAGNEMENT… AU RISQUE DE LA VIOLENCE


La question de la violence, par le biais des médias a peu à peu envahi notre vie quotidienne. La violence est présentée souvent comme une fatalité liée à la nature des individus qui l’agissent et rarement comme une réaction à une violence subie par le fonctionnement de notre cité. Très souvent, la violence est réduite à ses aspects spectaculaires et à la description d’actions au détriment d’une véritable analyse des causes.

Quatre axes seront approfondis à travers des conférences plénières, afin de proposer des éclairages théoriques avant les ateliers d’échange des pratiques d’accompagnement :

La violence sociétale ;
La violence des institutions ;
La violence dans les relations interpersonnelles ;
La violence retournée par l’individu sur lui-même.

Notre intention, au travers de ces journées nationales de formation, est de réfléchir au regard posé sur cette violence, d’échanger sur des hypothèses de compréhension de cette violence tant dans les actes posés que dans les discours tenus. Nous tenterons d’envisager des modalités alternatives pour se positionner contre cette violence, en se différenciant fondamentalement des perspectives uniquement répressives.

La prévention de la violence par l’analyse et la formation nous semble un enjeu majeur du travail d’accompagnement à l’aube de ce XXI ème siècle.
  
 

5, 6 et 7 Juin 2007
Centre des Congrès – AIX les BAINS (73)
ESPACES DE RESISTANCE ET DE CREATION DANS L’ACCOMPAGNEMENT


Travailleurs sociaux, nous n’arrivons pas de nulle part.

Nous sommes porteurs d’histoires et portés par des histoires, que nous avons traversées et qui nous ont traversés de manière singulière.

Suite aux Etats Généraux du Social de 2004, il est parlé de « reconstruire l’action sociale ». A l’issue de ces travaux, il nous semble important de re-questionner ce que sont nos cadres d’intervention aujourd’hui, dans le sens de :

Qu’est-ce qui fait cadre ?
Par quoi sommes nous portés ?
Qu’est-ce qui nous soutient ?
Comment la politique de l’Etat, par voie de décentralisation et ses risques de dérive libérale cherche à nous cadrer plutôt que nous faire cadre ?

Il semble que l’éducatif, dans son terme générique, ne soit plus le socle de construction de la relation d’accompagnement ni son aboutissement, ou alors qu’il soit réservé à des groupes et des espaces particuliers du travail social. L’acte éducatif est-il encore un cadre pertinent dans les pratiques ?

Dans ces endroits de l’accompagnement où un rapport marchand à la personne en difficulté semble s’installer, des groupes, des « individus personnes », se mettent en posture de résistance et l’énoncent.

La négation de l’individu est à l’ordre du jour, bien sûr en tant qu’ « individu personne ». Alors comment résister encore plus sans être seul, sans sombrer dans les passions tristes, sous peine de disparaître ?

Pierre, Dominique, Martine… n’intéressent plus. Ils disparaissent derrière la figure de l’individu libéral.

Créer ou disparaître ? Ces journées nationales semblent résonner comme un appel à partager et travailler nos espaces de création et de résistance présents et futurs.