LE MOUVEMENT POUR L’ACCOMPAGNEMENT ET L’INSERTION SOCIALE   

Un concept : l’accompagnement social

Texte définissant les services d’accompagnement

    Ce texte a été élaboré par notre mouvement en amont de la parution du décret du 11 Mars 2005. Le texte officiel est venu confirmer notre conception de la pratique d’accompagnement défendue par le MAIS depuis sa création.

POPULATION
Ces services interviennent auprès d’une population d’adultes. Cette population se définit comme présentant une déficience ou une difficulté sociale qui l’empêche provisoirement de vivre de façon autonome. Les intéressés doivent avoir un « projet » réalisable en milieu de vie ordinaire et suffisamment de capacités potentielles pour le mettre en œuvre.

MISSION ET PRESTATIONS
Favoriser l’insertion sociale et / ou professionnelle en milieu ordinaire, en tenant compte du projet de vie de la personne et en proposant les prestations d’aide dans le cadre des thèmes suivants :
- Recherche de logement (élaboration et réalisation de la démarche),
- La vie quotidienne,
- Hygiène, santé,
- Gestion du budget personnel,
- Démarches administratives,
- Déplacements, utilisation des transports,
- Loisirs, vacances,
- Soutien relationnel,
- Relation avec la famille,
- Liens avec les services médico-psychologiques et sociaux et autres services extérieurs.
- Accompagnement professionnel pouvant porter sur les points suivants : 
               → Préparation du projet d’insertion professionnelle en lien avec les organismes compétents dans les domaines de formation. Soutien des intéressés pendant cette étape et une fois le travail trouvé par les organismes compétents, par le service en collaboration avec ces derniers, par la personne et son réseau. 
               → Médiation avec le milieu professionnel et suivi social en entreprise pour adapter le nouveau salarié à son milieu de travail et réciproquement le milieu de travail à son nouveau salarié et par la suite pour pérenniser l’emploi.

MODALITES D’ACTION
L’action du service d’accompagnement se situe à la suite d’un séjour dans un établissement spécialisé ou, au contraire, à titre préventif pour éviter un tel séjour. C’est donc un service allégé. Cette action s’inscrit dans la durée, à partir d’interventions ponctuelles adaptées aux besoins réels de l’intéressé, ce qui suppose l’évaluation et le réajustement réguliers du projet. Le service joue le rôle de coordonnateur et / ou de médiateur entre la personne et les différents partenaires. Son but est d’aider la personne à se structurer pour pallier ses difficultés de façon à lui permettre de réaliser ses projets d’autonomie et d’insertion.

ADMISSIONS
- Principe : L’accompagnement s’organise sur la base du volontariat de l’usager. La nature et le contenu de l’accompagnement sont définis par la négociation, entre le service et l’usager, d’un projet personnalisé. Ce projet inclut les modalités de l’aide à l’insertion et le partenariat avec les services existants.
- Procédure : Il appartient à chaque service, en lien avec les autorités compétentes (MDPH) de finaliser les procédures d’admission, selon les situations.

RECONNAISSANCE ADMINISTRATIVE ET FINANCIERE
L’habilitation (ou l’agrément) donnant autorisation de fonctionnement est délivrée par l’autorité compétente. Une convention précise les modalités de fonctionnement du service. Nous préconisons, comme mode de financement des Services d’Accompagnement, pour la souplesse qu’elle permet, la dotation globale de financement.


La reconnaissance législative de l’accompagnement social

     La loi sociale du 2 Janvier 2OO2 vient compléter, rénover et préciser la définition au travers de ses principes généraux :
Mettre l’usager au centre du dispositif
Faire reconnaître le respect de ses droits en le faisant, notamment, participer à l’élaboration de son projet personnalisé.
Et promouvoir la qualité des services rendus.

Loi N°2002-2 du 2 janvier 2002, rénovant l’action sociale et médico-sociale


La loi du 11 Février 2005, positionne l’accompagnement au rang de la citoyenneté en stipulant l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées.

Loi N° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées


Le décret du 11 Mars 2005 concernant SAVS et SAMSAH est venu préciser et finaliser les modalités de la loi.

Décret N°2005-223 du 11 mars 2005, relatif aux conditions d’organisation et de fonctionnement des SAVS et des SAMSAH


Les caractéristiques de l’accompagnement au regard du mouvement                      Selon une définition classique, « accompagner », c’est se joindre à quelqu’un pour aller là où il va, en même temps que lui. L’objectif, pour la personne accompagnée, est l’accès à l’autonomie, c’est-à-dire la possibilité de se débrouiller seul, de réaliser les actes de la vie quotidienne sans aide extérieure, et de décider par soi-même dans l’indépendance par rapport à autrui.
L’expérience du travail social montre que l’autonomie commence par la prise de conscience d’avoir besoin d’aide, de savoir gérer ses dépendances et accepter les règles, les lois communes, assumer son ou ses handicaps et ses difficultés d’insertion sociale.
C’est la capacité de faire face en construisant une réponse adaptée à ses possibilités et ses limites : c’est consentir à soi-même.
La fonction du travailleur social est d’accompagner la personne vers cette autonomie. L’instrument essentiel de cette mission est l’écoute. Dans un dialogue incitatif et une relation confiante, l’accompagnement doit permettre l’émergence du désir, moteur actif de la démarche à entreprendre.
Il faut apprécier aussi les possibilités réelles, les limites à respecter pour ne pas provoquer le renoncement ou l’échec. S’il survient pourtant, l’utiliser pour mieux comprendre et proposer un nouveau départ. Il s’agit aussi de prendre en compte l’histoire du sujet – on ne guérit pas quelqu’un de son histoire.
Cette connaissance, même partielle, doit servir de référence au travailleur social, confronté à l’inattendu et disponible à l’écoute. Le respect de l’intimité de la personne constitue néanmoins une obligation première.
Sur l’ensemble de ces bases, les objectifs d’une conduite d’autonomisation peuvent s’établir. La personne doit avoir accès à toute l’information la concernant. Cette démarche peut permettre l’établissement d’un contrat qui trouve son fondement dans une pratique au quotidien. C’est la relation de deux volontés égales qui s’engagent librement, c’est le consentement qui crée la règle.
Ainsi peut être définie, amorcée, réamorcée et, si possible, réalisée l’insertion ou la réinsertion de personnes qui deviennent sujets et acteurs de leur devenir.

Les conditions de l’accompagnement
L’accompagnement suppose de la part des équipes connaissances, formation, éthique.
Deux pôles extrêmes le caractérisent :
1) La mission, confiée en fonction des objectifs du service et des orientations générales des politiques sociales ;
2) L’impérieuse nécessité de prendre en compte le désir de la personne accompagnée tout en respectant sa demande et ses besoins…
Son fil conducteur reste le projet personnalisé et utilise l’expérimentation comme levier.  Il impose encore un subtil mélange entre la prise de risque nécessaire dans le chemin vers l’autonomie et la protection de la personne à l’endroit de sa fragilité.
De plus, dans le contexte social et économique actuel, les voies traditionnelles de l’insertion sociale sont remises en question. Pour notre mouvement, cela implique la nécessité d’une recherche continue : une obligation de partenariat s’impose, et les organismes privés et publics doivent trouver une complémentarité avec des réseaux sociaux et médico-sociaux coordonnés.
Au plan individuel, il nous paraît important que tout travailleur social se pose la question de sa légitimité : « Qui suis-je pour prétendre guider autrui ? »  L’accompagnement, c’est permettre à l’autre de réaliser ses objectifs.
Enfin, cette réflexion sur l’accompagnement s’appuie, pour nous, sur des objectifs concrets et clairs, définis par les politiques sociales et les textes règlementaires :
- Accès aux droits civiques et sociaux ;
- Accès aux soins et à la santé ;
- Accès au logement ;
- Accès à la culture ;
- Accès à l’insertion professionnelle et à l’emploi.