jr besancon

de 9h à 17h


IRTS de Franche-Comté
1 Rue Alfred de Vigny, 25000 BESANÇON

Tarif : 35€

Journée d'étude en partenariat avec l'IRTS de Franche-Comté

 

Il est devenu évident aujourd’hui, pour toute institution ou organisation du secteur social et médico-social qu’il faille se prêter à l’exercice de l’évaluation.

En effet, la dépense publique est plus que jamais au cœur des débats politiques nationaux mais aussi locaux. La crise est d’une telle ampleur qu’elle oblige les structures à s’organiser pour répondre aux enjeux du présent aussi contraignants soient-ils.

Le travail social est ainsi amené, pour fonder sa crédibilité, à disposer d’outils de mesure fiables et adaptés pour défendre la pertinence et l’efficience de son action.

Or, avant d’être comprise comme une opportunité, la démarche d’évaluation est fortement perçue par les professionnels comme un contrôle imposé. Avec la crainte liée à la généralisation de l’évaluation des pratiques et leur traduction en termes de normes, de résultats ou de scores, d’entraîner une perte de sens et un sentiment d’usure chez les professionnels du travail social

Ou pour reprendre les propos de Roland Janvier : “L’assimilation de l’évaluation sociale et médico-sociale à la certification sanitaire signerait la victoire de la rationalisation instrumentalisante sur l’ambition d’une évaluation sachant tenir compte de la complexité de l’humain et des aléas inhérents aux problématiques sociales.“

Dans ce cadre, il est important de noter que l’évaluation ne doit pas seulement indiquer une notion d’écart, mais s’inscrire comme un processus de création et de valorisation de la qualité des pratiques professionnelles et institutionnelles.

Pour Anne-Marie Armanteras de Saxcé, Ex-Présidente de la commission sociale et médico-sociale de la Haute autorité de santé (HAS) “La qualité n’est pas une question technique et son évaluation a du sens pour établir la confiance avec l’usager, les professionnels et le régulateur“ Cette démarche doit être comme un outil permettant d’améliorer “tout ce qui est fait au bénéfice de l’usager“ loin de “l’approche technique relevant de procédures administratives“. Pour elle, le futur référentiel 2021 relève d’un système à “deux détentes“. D’une part, la définition “de façon transparente et partagée, de ce qu’est la qualité de l’accompagnement et d’autre part, l’appropriation de cette définition par les professionnels, moteur de l’amélioration. La HAS défend un référentiel porteur de valeurs“.

Alors que les évaluations externes et internes dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS) vont être remplacées par ce nouveau référentiel en 2021, il convient de réfléchir au « bon usage des référentiels, afin que la multiplication des procédures en tout genre  ne réduisent pas le sujet à une demande mesurable… oblitérant la clinique, la liberté de promouvoir dans le temps la relation éducative,… à savoir la considération de l’humain comme devant être au cœur de nos métiers. (Jacques Richard, Éducateur SAEF, Poitiers).

Dans une approche aussi critique que constructive, les contributions de cette journée permettront d’analyser ces tensions dans une approche pluridisciplinaire avec deux questions fondamentales :

  • Comment qualifier de performantes des pratiques en travail social ?
  • Comment les démarches d’évaluation, associées à la performance, impactent-elles aujourd’hui ce champ professionnel et ses usagers ?

Afin que chacun, directeurs, cadres intermédiaires et professionnels puissent appréhender les avancées, les débats autour des démarches d’évaluation dans le champ de l’intervention sociale aujourd’hui.